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Ma première pâte feuilletée maison ! ahah!

Publié le par Messergaster

Une satisfaction infinie. J'ai réussi ma première pâte feuilletée maison... et levée, s'il vous plaît ! J'ai toujours cru qu'elle était impossible à faire à chez soi mais finalement, quoique ce soit long et un peu délicat, c'est faisable. Je continuerai à acheter mes pains au chocolat chez le boulanger... mais désormais, la galette des rois je me la ferai moi-même !!

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(Bon, dans cette photo, on ne voit pas vraiment les différentes "feuilles"...)

Je reproduis ici lrecette que j'ai suivie (elle donne 15-20 croissants) :

-500g de farine
-20g de levure de bière
-25g de beurre ramolli + 250g pour les "tours"
-30 cuillères à soupe d’eau tiède
-60g de sucre (je me demande si on pourrait pas monter jusqu'à 80g...)
-1 cuillère à café de sel
-un jaune d’œuf pour la décoration

La "détrempe" : Dans un bol, versez l’eau tiède, le sucre, le sel, la levure. Dans un saladier, verser la farine et faire un puits : ajouter le contenu du bol que l’on vient de préparer+les 25g de beurre. Pétrir pendant 15 minutes, le but étant d’obtenir une pâte homogène, élastique et qui ne colle pas aux doigts. Faire reposer la pâte au moins 1h au frigo en la recouvrant d’un film transparent ou en enfilant le saladier dans un sac plastique.

"Abaisser" le beurre : Pendant ce temps, sortez les 250g de beurre. Découpez une grande feuille de papier sulfurisé, pliez-la en deux et mettez le beurre à l’intérieur. Commencez à abaisser le beurre, le but étant d’arriver à une sorte de carré d’une épaisseur de 0,5cm (ça fond très très vite…). Une fois terminé mettez le beurre au frigo, toujours enveloppé de son papier sulfurisé pendant 1h.

Incorporer le beurre à la détrempe : Cette heure écoulée sortez votre pâte (perso j’ai préféré laisser la pâte 2h au frigo). Avec un rouleau à pâtisserie commencez à étendre la pâte pour obtenir un carré plus grand que celui que l’on vient de faire pour le beurre - mieux encore si vous arrivez à faire une sorte d’étoile à quatre branches. L’important, en tout cas, est de faire le centre plus épais. (en étendant la pâte, des gaz dus à la fermentation s’exhaleront+sachez que la pâte a tendance à se rétracter). Retournez la pâte afin d’enlever l’excédent de farine (moi j’utilise un pinceau).
Sortez alors votre beurre, placez-le au centre et rabattez chaque angle du carré (ou chaque pointe de l’étoile) vers le centre afin d’ « emprisonner » le beurre.

Les "tours simples : Reprenez votre rouleau à pâtisserie et essayez de faire un rectangle (tant pis s’il n’est pas parfait) en veillant bien à ce qu’il soit 3 fois plus long que large. Rabattez alors le tiers inférieur vers le centre, puis le tiers supérieur.

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(Schéma du tour simple)

Tournez de 90° (vous devez avoir la pliure à droite et l'ouverture à gauche), et à nouveau étendez rapidement un rectangle 3 fois plus long que large et rabattez vers le centre d’abord la partie inférieure, puis celle supérieure. (cette fois-ci, le rectangle s’obtient plus facilement).
Hop, au frigo pendant une autre demi-heure.
Ensuite, on recommence en ayant bien soin de placer à nouveau le rectangle de pâte en ayant la pliure à droite et l’ouverture à gauche (si vous avez bien tourné votre pâte de 90°, c'est déjà le cas). Pour la deuxième fois, on plie d’abord la moitié inférieure, puis celle supérieure et on tourne de 90°.
Et on remet la pâte au frigo une demi-heure… et on recommence une dernière fois, toujours en faisant en sorte d’avoir la pliure à droite et l’ouverture à gauche.

La préparation des viennoiseries : Ensuite, on étend la pâte en essayant d’obtenir un long rectangle de 0,5cm d’épaisseur que l’on coupe en deux dans le sens de la longueur.
Pour faire les croissants, on découpe des triangles isocèles et on fait une petite coupe au milieu pour mieux enrouler la pâte.

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(Voici comment découper la pâte pour les croissants)

Pour les pains au chocolat, on fait des rectangles que l’on replie deux fois avec du chocolat noir à l’intérieur.
Ensuite on laisse lever 2h. Puis, à l'aide d'un pinceau, on distribue le jaune d'oeuf sur les viennoiseries pour leur conférer une jolie couleur blond-doré (moi j'ai dilué avec un peu de rhum).
(Enfin) On fait cuire 10 minutes au four  à 220°C, puis encore 10 minutes à 180°C (mais surveillez tout de même !).

Et voici le résultat :

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(Ils sont un peu pâles car j'ai dilué le jaune d'oeuf avec la liqueur...)

Très important : mes sources, c'est-à-dire les sites que j'ai consultés pour aboutir à mes viennoiseries (à chaque fois que je me lance dans une recette, je ne regarde pas 1 site, mais au moins 3 et j'essaie de fusionner ce qui me semble le plus "pertinent"): 
-pour les ingrédients et les proportions: cliquez ici.
-pour la technique et le "vocabulaire"cliquez ici et ici.

Un grand merci à tous les 3 sans lesquels, je n'aurais jamais réussi !

Publié dans Recettes sucrées

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Miko, c'est fini !

Publié le par Messergaster

Je l’ai enfin testée : hourrah ! Enfin j’ai actionné pour la première fois la sorbetière que je viens d’acheter. 
Ah, j’ai fini de donner de l’argent à Miko et à Nestlé ! Enfin, je croyais.. car là je me trouve en Italie et je comptais ramener la sorbetière en France - mais la boîte est assez encombrante et l’appareil est plutôt lourd, donc je ne sais pas si cela sera possible. 
Pour mon 1er essai, je me suis lancée dans la glace au yaourt, l’un de mes goûts préférés que je ne manque jamais de prendre lorsque je me rends dans une « gelateria » italienne. Ah son petit goût acide.. comment y résister ? 

Miko, c'est fini !

Voici la recette (pour 4 personnes, c’est-à-dire un demi bac à glace) :

-250g de yaourt (évitez la version allégée, ou alors ajoutez un peu plus de crème fraîche)
-1oeuf entier (gros)
-125g de crème  fraîche
-100g de sucre

Mélanger dans un saladier le sucre et l’œuf. Cuire ensuite « à la rose », c’est-à-dire porter la préparation à 80-85°C (à feu très doux, quoi : le but est de bien dissoudre le sucre et de rendre la crème plus dense, mais en évitant de la faire bouillir). Ensuite on laisse refroidir en mélangeant de temps en temps (j’ai laissé refroidir 1h à température ambiante, puis une demi-heure au frigo dans la partie la plus froide). Puis, on assemble la sorbetière et on verse progressivement la préparation. On laisse tourner l’appareil pendant une petite demi-heure, on met au congélo pendant au moins une heure et enfin on se régale ! (en mangeant ma glace je me disais que comme accompagnement pour un gâteau au chocolat ce serait juste extra).

Notes :

- Moment autobiographique, j’ai fait une grosse bêtise : j’ai mis d’un coup la préparation dans le bol de la sorbetière. Résultat : la glace s’est figée tout de suite sur les parois et n’a pas eu vraiment le temps de tourner dans la machine. Je me suis néanmoins armée de patience (et d’un couteau) pour décoller la glace et la faire tourner tout de même une dizaine de minutes pour lui donner la consistance voulue. En tout cas, désormais je me rappellerai de verser au fur et à mesure les ingrédients dans l’appareil à partir de l’ouverture sur le couvercle. 
- A
u passage, est-ce que quelqu’un connait un b-movie nommé Ice cream man de Paul Norman ? C’est un film d’horreur où un marchand de glaces prépare ses spécialités en  utilisant les enfants comme ingrédients principaux. A la place des bonbons, des grains de café ou des morceaux de pain d’épices, c’est un œil qui vient agrémenter le cornet… A prendre au second degré, c’est marrant.

Publié dans Recettes sucrées

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Le cuisinier pittoresque d'Antonin Carême

Publié le par Messergaster

Suite à la signalation qui apparaissait sur le blog « Du sacré au sucré, un blog de bon goût », blog que je conseille très chaudement de visiter, l’envie m’a prise de commander Le patissier pittoresque d’Antonin Carême. J’avais choisi l’édition économique, celle à un peu plus de 3 euros et ne proposant que quelques extraits.

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Que dire ? Je suis prodigieusement déçue. Plus que d’un livre de cuisine, il s’agit d’un livre d’architecture avec planches et proportions. Je savais que ceci était justement ce qui avait fait la renommée de Carême : ses pièces montées fascinaient tous les convives. D’ailleurs, cela devait être assez frustrant de passer des heures à construire ces petites merveilles et de les voir ensuite démolies par les coups de dents des commensaux affamés, non ?

Bon, il n’y a pas que de l’architecture non plus : on y trouve aussi quelques infos de cuisine, notamment comment préparer la pâte d’amande. Toutefois, à nouveau, ce qui prime est l’aspect chromatique des gâteaux préparés.  On découvre par exemple comment dorer telle ou telle partie de la pièce montée, ou quels ingrédient utiliser pour obtenir du mauve ou du rouge. L’auteur insiste aussi sur le fait qu’il faut des couleurs tendres pour un résultat satisfaisant.

Je "reste donc un peu sur ma faim" (vive les jeux de mots), d’autant plus que finalement je n’ai pas dépensé 3 euros mais 9. Je vous explique. J’attendais mon envoi avec hâte mais une semaine après, je n’avais toujours rien reçu : c’est qu’il n’était pas en stock et que je ne m’en étais pas aperçue au moment de la commande. Malheureusement, devant déménager, j’ai dû me connecter à nouveau sur mon compte Amazon afin de changer l’adresse de livraison: opération qui a démultiplié les frais de livraison…

Je ne sais pas si la version non expurgée mérite qu’on s’y penche, mais à moins d’avoir un intérêt profond pour Carême et la pâtisserie du XIXe siècle, il s’agit d’un investissement dont on peut se passer. Se sauvent les pages 34 à 39 où Carême nous raconte les longues heures passées en bibliothèque pour apprendre l’architecture et où il nous fait part de sa gratitude pour Monsieur Bailly chez lequel il travaillait à l’âge de 18 ans. Enfin, un agréable plaidoyer pour le « vouloir est pouvoir » puisqu’on décèle, en filigrane, une critique de ceux qui rêvent du succès, qui ont un indéniable talent… mais qui finalement, à cause de la paresse, n’entreprennent rien du tout.

Publié dans Lectures gourmandes

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A propos du clafoutis

Publié le par Messergaster

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J'aimais bien le carnet de timbres qu'avait sorti La Poste l'an passé et qui offrait une petite sélection des spécialités gourmandes de la France. Pour le Limousin, le clafoutis avait été selectionné. Quel délice ce gâteau !
Je me rappelle avoir lu dans le passé un conte où il suffisait qu'une petite fille s'arrache un cheveu pour voir l'un de ses voeux exaucés. Bien entendu, la fillette finissait par abuser de ce pouvoir et devenait chauve. Or parmi ses voeux, elle demandait, entre autres, d'avoir la possibilité de manger du clafoutis tous les jours. (pour ceux qui seraient curieux de savoir comment se termine le conte : heureusement pour elle, la petite fille avait commencé par demander que sa soeur - malade ou tétraplégique, je ne me rappelle plus - recouvre la santé, c'est pourquoi la fée accepte de lui redonner sa chevelure à la fin).
Il faudra que je me relise ce conte.

De retour chez mes parents, sinon, j'ai demandé à ma mère de me faire un clafoutis. J'en avais fait un récemment pour mes colocs (qui ont appelé cela une "tarte", no comment), mais rien à faire, celui de ma mère reste le meilleur en absolu. Je crois que cela vient d'abord de la forme du plat et ensuite du temps de cuisson (ma recette disait de faire cuire à 200°C, mais ma mère préfère le mettre à 160°C).
J'ai découvert qu'il y a des gens qui perdent leur temps à dénoyauter les cerises : non seulement cela me semble inutile, mais en plus, je suis certaine que ça doit modifier le goût.
Les "flognardes", à savoir les clafoutis avec d'autres fruits (en particulier les pommes) sont très bonnes aussi. Pour la recette de celle que j'ai réalisée un jour, il suffit de cliquer ici.

Je vous laisse the recette de ma mère : régalez-vous !

A propos du clafoutis

- 3 oeufs
- 1 verre et demi de lait entier (ou 2 si les oeufs sont gros)
-150g de sucre+un sachet de sucre vanillé
- cerises
- 185g de farine

Mélangez les oeufs, le sucre et le sucre vanillé, puis le lait. Ajoutez ensuite lentement la farine en évitant les grumeaux. Vous aurez pendant ce temps beurré un moule et vous aurez disposé beaucoup de cerises sur sa surface. Versez-y la pâte et mettez au four à 160°C pendant une heure (mais surveillez car ça peut facilement demander 1h30 de cuisson aussi).

Publié dans Recettes sucrées

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Après la Sicile, la Grèce et ses Kourabiedes...

Publié le par Messergaster

Mon voyage en Grèce date de plus de six mois à présent. De retour de ce merveilleux périple au milieu de l'art, de la nature et de la bonne cuisine, je m'étais lancée dans mille projets pour prolonger mes souvenirs héllènes en me mettant à la terre cuite, en cuisinant, des spanakopita (cliquez ici pour voir le résultat), des tiropita et les kourabiedes. J'avais goûté ces derniers par pur hasard : des boules de biscuit sablé recouvertes de sucre glace que j'avais pris dans un premier temps (quelle ignorance !) pour une sorte de corne de gazelle... Mais rien à voir ! Les cornes de gazelles sont moelleuses et parfumées à la fleur d'oranger, alors que les kourabiedes sont de véritables sablés. A la base, il s'agit de gâteaux que l'on déguste pour les fêtes de Noel, mais il y a moyen, pour les touristes, d'en trouver des industriels au supermarché.

Par contre, un grand mystère : pourquoi ceux que j'ai goûtés, aussi bien industriels qu'artisanaux, étaient de simples sablés alors que, dans toutes les recettes que j'ai consultées sur internet, on conseillait soit d'ajouter de l'ouzo, soit de la fleur d'oranger, soit de l'eau de rose pour les parfumer ? Pourtant les biscuits que j'ai goûtés sentaient juste l'amande et le sucre glace...

A partir de toutes les recettes que j'ai lues, j'ai donc bâti ma version des kourabiedes que je parfume à l'eau de rose (vous trouverez l'eau de rose dans un rayon "produits exotiques" dans un supermarché un tant soit peu fourni ou alors dans un magasin vendant des produits turcs et maghrébins). Je n'ai nullement la prétention de proposer THE recette véritable, puisque je répète que les kourabiedes que j'ai mangés moi ne sentaient pas la rose... Il n'en reste pas moins que mes sablés sont simplement délicieux (je ne veux pas être modeste !!! ils sont trop bons !)

Alors voici ma recette personnelle, pour 50-60 biscuits :

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-500g de farine
-250g de beurre en pommade (le beurre salé, c'est encore mieux)
-100g de sucre de canne + 1 sachet de sucre vanillé
-du sucre glace
-2 jaunes d'oeuf
-150g d'amandes en poudre (l'idéal : acheter des amandes éffilées grillées style Vahiné et les passer au mixer pour obtenir une poudre grossière. Sinon prenez directement les amandes en poudre... mais ce sera légèrement moins parfumé)
- de l'eau de rose
-un sachet de levure chimique

1. Mélangez le beurre, le sucre de canne et le sucre vanillé. Ajoutez les jaunes d'oeuf, les amandes, une cuillérée d'eau de rose. Ajoutez lentement la farine que vous tamiserez à la fin avec la levure. Pétrissez le tout, le but étant d'obtenir une pâte ayant à peu près la consistance de la pâte à modeler (si trop liquide, ajoutez de la farine ; si trop solide, ajoutez du lait). Faites des petits croissants (oui, je sais, les biscuits qui apparaissent sur la photo n'ont pas vraiment une forme de demi-lune...) et faites-les cuire 20 minutes à 160°C.

2. Ensuite mettez un peu d'eau de rose dans une assiette creuse et un peu de sucre glace dans une autre : passez chaque biscuit (encore chaud) d'abord dans l'eau de rose (en général, je ne fais tremper qu'un côté du biscuit pour qu'il ne soit pas trop empreigné non plus), puis dans le sucre glace (il faut cette fois ci que le biscuit en soit recouvert). A la fin de l'opération vous aurez les mains très collantes.

3. Une fois terminé, placez les biscuits dans une boîte en fer et ne les mangez pas avant 24h (moi je les laisse reposer au moins 2 jours dans leur boîte afin que les parfums se mélangent bien comme il faut).

Bon appétit ! (ou "kali orexè !" en grec) [au passage, on remarquera donc que le terme "an-orexie" signifie "sans appétit"] .

Publié dans Recettes sucrées

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Les cannoli siciliens

Publié le par Messergaster

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De retour dans mon Italie natale, mon père m'a acheté plusieurs pâtisseries dont des "cannoli" ("petites cannes", "petits tubes"), spécialité sicilienne. Il s'agit de pâte frite que l'on appelle "scorza", c'est-à-dire "écorce" (un peu style "bugne" lyonnaise) remplie de crème à base de ricotta (de brebis). Ayant longtemps cru à tort que, dans la farce, il y avait toujours des fruits confits (dont je ne rafole pas) j'ai été longue avant de découvrir ce type de dessert. Le jour où j'ai découvert que cela n'était pas automatique voire qu'il pouvait y avoir à la place des pépites de chocolat, ma vie a changé !

Hélas, le drame c'est que je ne peux pas me mettre derrière les fourneaux pour les préparer de mes propres mains. Non seulement mon père m'a prévenue que la préparation est particulièrement longue mais, de plus, pour frire la pâte des "cannoli", il faut des tubes en métal autour desquels enrouler la pâte. Or je n'en possède pas.

A défaut de vous fournir donc la recette (que vous trouverez sûrement sur d'autres sites) je vous relate un peu de légendes autour de cette pâtisserie qui à la base se préparait au moment du Carnaval. Selon certaines traditions la forme du gâteau renvoie au fait que pour le Carnaval les fontaines déversaient non pas de l'eau mais de la crème... Ceci pour la version soft. Mais comme toujours, bonne chère et sexe vont de pair et ainsi les légendes plus coquines ne manquent pas. En effet, ce gâteau serait originaire de Caltanisetta, ville qui hospita différents harems sarrasins : les femmes s'ennuyant de l'absence de leur homme, elles s'occupaient en confectionnant ces gâteaux. Autre version : celle qui considère que (comme c'est le cas pour une infinité d'autres sucreries) les "cannoli" seraient nés dans un monastère, toujours à Caltanisetta : les nonnes qui avaien fait voeu de chasteté se consolaient en préparant ce gâteau à la forme suggestive...

Publié dans Saveurs du monde

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De l'art de cuisiner de bonnes crêpes

Publié le par Messergaster

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Ce matin, en proie au stress pour 1000 raisons, j'ai pensé : "Bon, il faut tenir l'esprit occupé". J'ai ouvert mon frigo, j'avais du lait à finir : j'ai donc décidé de faire des crêpes.
Les crêpes sont quelque chose de tout simple, un dessert pauvre (un "plat" pauvre, en fait : c'est l'un des avatars du pain) qui fait toujours des heureux. Mais préparer de bonnes crêpes est loin d'être une tâche aisée :

  • Il y a déjà un premier dilemme à résoudre : parfumer la pâte ou pas ? Nature, vanille, ou fleur d'oranger ? Moi j'ai choisi de faire mes crêpes nature : comme ça, chacun les mange comme il veut. Et puis, les crêpes à la fleur d'oranger, j'aime bien, mais à petites doses.
  • Ensuite, vient le 1er passage vraiment délicat : préparer la pâte en évitant les grumeaux. Avec un tamis, ou une farine de bonne qualité, on y arrive mieux... mais moi je n'avais que de la farine 1er prix et pas de tamis. Finalement, en désespoir de cause, j'ai attrapé mon mixer à immersion grâce auquel j'ai détruit beaucoup de grumeaux brutalement. Mais, en général, j'évite d'utiliser le mixer pour travailler la pâte : ça tourne trop vite, ça fait plein de bulles (limite ça fait monter les oeufs en même temps) et ça oblige donc à attendre plus longtemps pour le repos de la pâte.
  • D'ailleurs, autre aspect peu agréable : l'attente avant de pouvoir faire cuire ses crêpes. Si vous êtes des gens impatients comme moi, ce n'est pas toujours évident. En effet, l'idée de faire des crêpes émane souvent de l'improvisation et de la faim : difficile d'attendre dans ces cas là.
  • Passons à la cuisson : 
    Là, à l'instant, je me suis prise le bord de la poêle, brûlant, en plein sur le côté de l'index gauche. Une belle cloque est déjà apparue (j'en profite pour rappeler que la cuisine est la pièce où ont lieu le plus d'accidents domestiques - cliquez ici pour plus de détails). Inévitablement la première crêpe sera ratée car il faut toujours un peu de temps avant que la surface de la poêle atteigne la juste température.
    - De même, il faut essayer de ne pas mettre trop de pâte dans la poêle afin que la crêpe soit fine : c'est une crêpe, et pas un pancake (donc vous trouverez ici la recette). Ah le pancake !  Au moins, lui, il cuit sans souci : les petites bulles indiquent quand la première face est cuite et, comme il est plus épais, on le retourne sans problèmes.
    - Car, oui, parlons-en ! Retourner une crêpe est tout un art. Les vrais pros (ma grand-mère, par exemple), les font voltiger dans l'air. Pour les moins doués, comme moi, il existe plusieurs solutions : soit on se sert d'une spatule (ce qui oblige à bien faire attention que la première face soit cuite), soit de ses propres mains (c'est la technique que j'utilise le plus : j'attrape un côté du bout des doigts et je la retourne comme ça). Mais on peut aussi poser la crêpe sur une assiette et se servir de cette assiette pour remettre le tout à cuire de l'autre côté dans la poêle.
  • N'oublions pas aussi l'épineuse question de la graisse à utiliser. Ma grand mère utilise un morceau de chiffon avec un tout petit peu d'huile pour graisser la poêle (dans le passé, elle prenait carrément du lard). Je fais de même mais avec du saupalin. D'autres mettent l'huile à oeil dans la poêle, d'autres encore jettent carrément un morceau de beurre dans la poêle : je ne suis pas fan du tout.

Enfin, bon, après les trois premières crêpes un peu incertaines, en général, on commence à prendre le coup de main. Il ne reste plus qu'à se régaler : sucre, confiture, miel, sirop d'érable, liqueur (ah les crêpes flambées !), et bien entendu nutella.

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"Am I wrong" d'Etienne de Crécy

Publié le par Messergaster

 

Je suis dans ma phase Prokofiev. Néanmoins, j'ai eu envie de me revoir ce vieux clip du début des années 2000 : un petit chef-d'oeuvre.

Déjà d'un point de vue graphique, le dessin est sympa.

Le clip nous montre différents endroits à différents moments, le tout étant réuni par la présence du patron regardant les différentes caméras depuis son poste : 
la cuisine où l'on compose les hamburgers
- l'endroit où l'on prend la viande de la vache
- la salle où mangent les clients.

La cuisine ressemble à une usine : les différents travailleurs bossent à la chaîne, tous parfaitement synchro. Si un truc coince, tout se dégrade. A remarquer aussi qu'ils ont tous la même tête : ce ne sont plus des hommes, juste des salariés sans nom et sans visage.

L'autre lieu évoqué est celui d'où l'on tire la viande des burgers : un homme hache sans pitié une vache qui n'en a pas conscience puisqu'on lui fait croire qu'elle broute de l'herbe en montagne à l'aide d'un clip qu'elle a constamment sous les yeux. L'animal mange donc pour se faire manger, selon un cycle infernal voué à se répéter sans cesse. Et puis, comme disait Marx, les patrons font en sorte de nourrir leurs travailleurs uniquement avec le stricte indispensable pour qu'ils soient en mesure de produire à nouveau le lendemain. C'est aussi le rôle des médias tout court qui est dénoncé : des tas de programmes idiots visent à nous faire oublier combien on est manipulé par la société.

Bien entendu, une fois prise conscience de l'aliénation, la vache se venge de son bourreau... qui finit dans les burgers de ses clients. Tel est pris qui croyait prendre.

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L'histoire d'Erysichthon

Publié le par Messergaster

L'histoire d'Erysichthon

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Tout commence le jour où  Erysichthon ordonne à ses serviteurs de couper un chêne, arbre cher à Déméter. Mais comme les Anciens pensaient que dans les arbres vivaient des nymphes, les serviteurs n'osent pas accomplir l'ordre de leur maître. Erysichthon, furieux, décide de faire cela tout seul : l'écorce commence à pâlir et à déverser un flot de sang. Un serviteur a beau tenter d'interrompre le massacre... Erysichton le tue. Une fois l'arbre à terre, la nymphe agonisante annonce un châtiment à venir de la part de Déméter : celle-ci ne laissera pas ce meurtre impuni.
En effet, la déesse de l'agriculture et de l'abondance décide d'infliger à l'assassin une faim implacable et éternelle : elle envoie donc une Oréade pour demander à la Faim d'aller visiter Erysichthon. Voici comment celle-ci est décrite dans son séjour au Caucase :

(...) elle la voit dans un séjour pierreux, qui arrachait avec ses ongles et avec ses dents quelques rares brins d'herbe. Elle avait les cheveux herissés, les yeux caves, le visage pâle, les lèvres blanchies par une bave infecte, la gorge enrouée ; à travers sa peau dure on aurait pu voir ses entrailles ; ses os décharnés perçaient sous la courbe de ses reins ; du ventre elle n'avait que la place ; sa poitrine semblait suspendue comme si elle ne tenait qu'à la claie de l'épine dorsale. La maigreur avait fait ressortir ses articulations, le tour de ses genoux était enflé et ses talons formaient au-dehors une énorme saillie.

(j'adore l'expression "du ventre elle n'avait que la place")

La Faim et Déméter ne sont pas en bons rapports, on le comprend aisément, mais la Faim  accepte tout de même d'aller châtier le coupable. C'est alors l'occasion pour un très beau passage où celle-ci va rendre visite à Erysichthon pendant que celui-ci est plongé dans le sommeil :

(...) elle entre sans tarder dans la chambre du sacrilège, qu'elle trouve plongé dans un profond sommeil (car il était nuit) et elle l'étreint dans ses deux bras ; elle se communique à lui par son haleine ; elle lui remplit de son souffle le gosier, la poitrine, la bouche et elle répand dans les veines vides du dormeur le besoin de la nourriture.

(je trouve vraiment saisissant le rapprochement entre la faim "alimentaire" et celle "sexuelle", étant donnée la description très sensuelle de la Faim embrassant Erysichthon dans le lit)

Instantanément, Erysichthon commence à rechercher déjà en rêve de quoi manger. Du coup, il se réveille en proie à une faim de loup... mais impossible de l'éteindre.

Sur le champ, il demande qu'on lui apporte ce que produisent la mer, la terre et les airs ; devant sa table chargée de mets il se plaint qu'on le fait jeûner ; au milieu des plats qu'on lui sert il en cherche encore d'autres ; ce qui pourrait suffire à des villes, à tout un peuple, ne suffit pas à un seul homme ; plus son estomac engloutit et plus augmentent ses désirs (...) il fait sans cesse le vide en lui à force de manger.

(là, le style d'Ovide mime l'abondance des mets recherchés par le personnage par le biais de différentes accumulations scandées par le point-virgule...)

A force, pour tenter de satisfaire son appétit sans fin, il commence à mettre en péril son patrimoine et il se retrouve donc contraint de vendre sa propre fille, Mnestra. Celle-ci met à profit sa faculté de se transformer en toutes sortes d'animaux - don de Poséidon -  pour ramener quelque chose à manger à  son père jour après jour.

Finalement, lorsque tous les aliments disponibles ont été consommés, Erysichthon en est réduit à se manger lui-même :

(...) Erysichthon se mit à déchirer lui-même ses propres membres à coups de dents, l'infortuné nourrit son corps en le diminuant.

Ici, manger n'est plus un acte garantissant la survie des individus, et devient au contraire un acte apportant la mort. Erysichthon détruit les mêmes organes qu'il cherche à nourrir dans une sorte de cycle vicieux où la mort devient une agréable libération.

Publié dans Lectures gourmandes

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Rapide histoire du sucre

Publié le par Messergaster

Antiquité : on utilise le miel comme édulcorant. Par exemple, il paraît que la crème caramel était déjà connue des Romains : cette crème qui, au départ, n'était pas sucrée, fut progressivement agrémentée de miel. On s'en servait aussi pour aromatiser le vin.

Moyen-Age : on croit souvent à tort qu'on a dû attendre la découverte de l'Amérique pour utiliser le sucre de canne en cuisine. En réalité, cette denrée a été ramenée très tôt en Europe par l'intermédiaire des croisés partis au Moyen-Orient. Dans la médecine hippocratique et galiénique, le sucre est considéré comme "chaud et sec", exactement comme les épices auxquelles il est assimilé (pour plus de détails à ce sujet, cliquez ici). On en met partout car on estime qu'il tempère les aliments trop "froids et humides" tels que le poisson ou les fruits. On lit dans le De honesta voluptate et valetudine de Platine (un livre qui "se vendit comme des petits pains" - c'est le cas de le dire - au XVIe siècle) :

Jamais succre ne gasta viande, ains par fade et desgoustee que soyt il la adoucit attrempe et faict bonne, saine et plaisante a menger.

C'est-à-dire : 

Le sucre ne gâta jamais aucun plat : au contraire, même si ce dernier est fade ou mauvais, il l'adoucit, le tempère, le rend bon, sain et agréable à manger.

On voit donc qu'il ne s'agit pas seulement de manger conformement à la diététique du temps, mais aussi de se faire plaisir. C'est pourquoi le XVIe est aussi l'époque où fleurissent différents traités pour apprendre à faire de la confiture (dont un de Nostradamus !). En effet, on ne saurait oublier que le sucre est aussi un excellent conservateur permettant de faire quelque chose des fruits en excès...

La découverte de l'Amérique et l'arrivée massive de sucre en Europe permet d'en faire baisser légèrement le prix, mais il faut quand même attendre longtemps avant d'avoir l'idée, par exemple, d'ajouter du sucre dans une tasse de chocolat chaud, réflexe qui s'impose au XVIIIe siècle.

Au XIXe siècle, on est obligé de développer la production de betterave pour obtenir le sucre blanc. En effet, à cause du blocus imposé par l'Angleterre à la France,  Napoléon doit trouver une solution alternative pour obtenir du sucre. Alors que certains proposent de se servir du jus de raisin pour sucrer les aliments, Benjamin Delessert parvient à produire du sucre à partir de la betterave - ce qui lui vaudra la légion d'honneur de la part de Napoléon. Le sucre blanc devient rapidement le sucre "par excellence", notamment à cause de son coût plus faible par rapport à celui de canne qu'on devait ramener de loin.

Au XXe siècle, enfin, le sucre fait partie des denrées rationalisées pendant les conflits mondiaux. Quelques décénnies plus tard, parallèlement à l'essor de la société de consommation, les discours des diététiciens commencent à diaboliser le saccharose. L'augmentation des cas d'obésité ou du diabète obligent les gouvernements à mettre en place des campagnes visant à sensibiliser la population à l'égard de l'excès de sucre à table. Les publicités avec les mannequins taille 34 ont aussi joué un rôle non négligeable dans le développement d'édulcorants alternatifs style "Canderel". Néanmoins, différentes études prouvent qu'il vaudrait mieux se méfier de ces sucres synthétiques. Autre phénomène : l'essor de tout un courant de pensée qui a banni le sucre blanc de son alimentation au profit du sucre de canne, du miel, de la mélasse ou d'autres "composés" plus bruts encore. Ils considèrent en effet que ce sucre blanc est excessivement raffiné et donc nocif pour la santé.

Pour conclure, je vous joins une photo reproduisant des petites "haches" dont on se servait pour briser le sucre du temps où cette denrée n'était pas industriellement produite en petits "cubes" aux dimensions standardisées :

(Photo prise au Zucker-Museum de Berlin : jadis ce musée se trouvait à Wedding, mais il a été récemment rattaché au Deutsche Technikmuseum (Kreuzberg).

(Photo prise au Zucker-Museum de Berlin : jadis ce musée se trouvait à Wedding, mais il a été récemment rattaché au Deutsche Technikmuseum (Kreuzberg).

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Goût, vue, odorat and all the gang

Publié le par Messergaster

Or le goût est le seul sens qui doit pour fonctionner s'accompagner des quatre autres.

Cette citation provient du livre Histoire naturelle et morale de la nourriture de Maguelonne-Toussaint Samat (Paris, Bordas, Collection Cultures, 1987, p. 398).

Goût, vue, odorat and all the gang

L'auteur explique en effet que la présentation ou la couleur des plats jouent pour beaucoup dans le jugement positif (ou négatif) que l'on portera sur un plat. Au Moyen-Age, d'ailleurs, on accordait à l'aspect "chromatique" des mets un rôle prépondérant : par exemple, on usait de force safran pour donner aux brioches une jolie couleur jaune. Je songe aussi à L'aile ou la cuisse (oui, je sais que je vous ai déjà parlé de ce film ici...) lorsque Charles Duchemin recourt au sens de la vue pour deviner le nom du vin au jeu télévisé de la fin. On mange avant tout avec les yeux... en évitant, si possible, de les avoir plus gros que le ventre.

L'odorat aussi est un sens crucial pour déguster un aliment. Je regardais l'autre jour un reportage diffusé sur la télévision italienne (le programme s'appelle Ulisse et a été diffusé le 16 avril 2011 sur la chaîne Raitre, pour ceux que ça intéresse) où on montrait des gens qui devaient reconnaître différents aliments d'abord en ayant les yeux bandés, puis en ayant aussi le nez bouché. Et bien, impossible pour eux de reconnaître le goût suave de l'ananas.

On ne saurait oublier aussi le toucher. Personnellement, j'ai réalisé assez récemment que mes aliments favoris étaient tous des aliments qu'il fallait mâcher longtemps - ce qui mobilise particulièrement le sens du toucher. Cela explique pourquoi je mange volontiers la viande (et non pas le poisson où il n'y a quasiment rien à mâcher), le chocolat (et non les bonbons car les sucer me semble dénué d'intérêt), les gâteaux à la texture moelleuse... Et puis c'est le toucher qui nous dira si un aliment est trop chaud pour être consommé.

Enfin l'ouïe et c'est peut-être le moins évident. Maguelonne-Toussaint Samat évoque des études qui montreraient une corrélation entre certaines fibres présentes dans l'oreille et le sens du goût (étant donné que si on les sectionne, on est frappé d'agueusie). Le documentaire que j'évoquais ci-dessus faisait lui allusion au "croc" caractéristique des chips sous la dent.

Manger est donc une expérience pour ainsi dire "totale" : nous voulons tous des mets appétissants, mais nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes choses. Ainsi, certains de nous rechercherons certaines consistances ou certains arômes en particulier, alors que d'autres seront plutôt ébahis devant les belles présentations des cuisiniers japonais ou que d'autres encore perdront patience en entendant quelqu'un assis juste à côté ronger un os.

Publié dans Lectures gourmandes

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"Mon eau minérale !"

Publié le par Messergaster

"Mon eau minérale !"

Aujourd'hui je revisionnais la célèbre scène du début de L'aile ou la cuisse de Claude Zidi où De Funès joue le rôle de la petite vieille. Par un concours de hasard merveilleux, je ne connaissais pas le synopsis quand j'ai vu ce film pour la première fois. Du coup au début, j'avais vraiment cru, comme le serveur, que le critique culinaire était le personnage bien habillé et non la dame âgée ! (surtout que je ne savais même pas quelle tête avait De Funès... voilà ce qui se passe quand on a grandi 18 ans à l'étranger) Comme quoi, le travestissement avait été efficace.

Pourtant, des indices pouvaient laisser sous-entendre que la petite vieille était le personnage principal du film... ne serait-ce que parce que c'est le premier personnage que nous voyons à l'écran. En effet, le film commence avec la "routine de vie" du personnage de Charles Duchemin, au beau milieu d'une de ses "performances".

La "petite vieille" est animée par une quête : réussir à passer sa commande... mais elle a un obstacle : l'homme que l'on prend pour Duchemin et qui capte toute l'attention du personnel du restaurant.

C'est alors l'occasion pour le metteur en scène de nous offrir une scène basée sur le comique de répétition dans un crescendo où régulièrement nous voyons la "cliente" laissée de côté alors que l'autre monsieur continue à recevoir des plats mirifiques. Excellent le contraste entre le caractère minime de la commande de De Funès (une simple eau minérale) et ses inutiles tentatives pour l'obtenir. De l'autre côté, nous rions de voir l'autre client se régaler sans rien comprendre.

Le scénariste ne fait que reprendre les ficelles du quiproquo traditionnel. Mais c'est surtout le mythe de Tantale qui est convoqué : on fait miroiter devant le personnage mille délices auxquelles il ne peut avoir accès. C'est l'exact contraire de la scène avec le gérant italien qui arrivera une bonne heure plus tard : cette fois-ci, on obligera Charles Duchemin à manger tout ce qu'il a sous les yeux, quoique ces aliments aient un goût ignoble.

Ceci est une scène d'exposition : elle permet aussi de présenter d'emblée le personnage. En moins de dix minutes, nous avons compris que Duchemin est quelqu'un de malin et de joueur (cf. le travestissement). Les minutes qui suivent, après la scène dans le restaurant, complètent le portrait en nous montrant qu'il a un emploi du temps très chargé (ce qui montre combien est grand son succès) et qui a peur du dentiste (ce qui lui donne une faille et une faiblesse qui le rend plus attachant... qui de nous n'appréhende pas d'aller faire soigner ses dents ?)

Remarquons aussi comment on passe de la présentation de Charles Duchemin à celle de son fils : le lien se fait autour de la nourriture. En effet, les oeufs constituent le point de rencontre entre la profession du père (la gastronomie) et celle du fils (le cirque). Le spectateur peut donc déjà pressentir que, malgré les distances que prend le fils à l'égard du père,  une continuité sera garantie entre les deux personnages.

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Les charmes d'un "déjeuner sur l'herbe"...

Publié le par Messergaster

Hier je suis allée avec des amis dans un parc pour faire un pique-nique. Curieuse, je viens de rechercher l'étymologie du terme. A ce qu'il semble, "pique" renvoie au verbe "piquer" au sens de "prendre" et "nique" signifie "objet de faible valeur". Pourtant, les mets qui peuvent être apportés par les différents convives peuvent être aussi très élaborés : cakes salés, gâteaux, petits-feuilletés...

Ok, ce n'était pas notre cas. On avait une cargaison de bières, des rillettes, de la baguette et quelques beignets au chocolat : on comptait sur les autres participants pour ramener autre chose. Ceux-ci ont gentiment fourni des chips au paprika, une salade déjà prête, du fromage en tranches : bon, à nouveau, nous sommes loin du petit repas préparé avec passion et patience le matin même (j'aurais, moi, cuisiné quelque chose si on m'avait prévenu plus tôt et non pas 1h avant...).

J'avais eu la bonne idée de fourrer un couteau dans le sac pour les rillettes... mais je ne me suis rendue compte qu'en arrivant au métro qu'on avait oublié le décapsuleur. Ceci est un classique de tous les pique-niques. J'ai hésité à revenir à la maison pour le prendre. Mais je me suis rappelée que, grâce à mon père, je sais ouvrir une bouteille de bière avec une simple fourchette. Mais malheureusement, les autres personnes présentes n'avaient pas amené de couverts... Mais tout est bien qui finit bien : j'ai emprunté le briquet d'une amie et j'ai décapsulé d'abord une bière, puis une deuxième, puis une troisième. J'étais fière de moi ! Sans compter que, sur tous les hommes présents, la seule qui a réussi à ouvrir ces bouteilles, c'était moi ! Ah, où sont passé les hommes d'antan !

Après, dans un pique-nique, il y a toujours ceux qui veulent faire 1000 activités (vélo, badminton, ballade) et ceux qui s'étendent sur le gazon en mode larve. Cette fois-ci, j'ai fait partie de la 2e catégorie... et je me suis même endormie ! (alors que j'avais quand même porté Les Etats et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac avec moi pour lire...).

Après avoir réémergé, je me suis mise à observer les gosses qui jouaient : plusieurs, utilisaient leurs pistolets à eau pour se poursuivre... ah je me souviens quand je jouais moi aussi avec l'eau en été !

Heureusement, hier il ne faisait pas trop chaud : je n'ai donc pas eu droit à l'immanquable coup de soleil.

Théoriquement, le pique-nique est censé rapprocher l'homme de la nature et c'est d'ailleurs pour cela qu'il aurait été aussi populaire aux XVIIIe et XIXe siècles. Je trouve cette sensation difficile à atteindre dans les parcs urbains, mais je reconnais que les pique-niques en forêt ou en montagne  peuvent constituer une belle expérience. Une fois, je mangeais du camembert sur un rocher dans les montagnes vosgiennes et j'ai pu voir un chamois quelques mètres plus bas ! Certes, le vent qui fait tout voler ou les insectes qui voltigent au-dessus des aliments sont un peu fastidieux, mais cet aspect "communion avec la nature" reste effectivement charmant.

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Un jour, je rêve de pouvoir faire un pique-nique en mettant mes victuailles dans un gros panier d'osier, comme dans les films. Dans Les Sims aussi les personnages sortaient les aliments de leur panier pour faire leur pique-nique...

Une belle scène de pique-nique en littérature ? Le chapitre intitulé "Le bastion Saint-Gervais" dans Les 3 mousquettaires d'Alexandre Dumas. Bon, il ne s'agit pas uniquement d'un déjeuner, puisque les personnages utilisent justement cette excuse pour discuter un plan d'attaque et pour se battre ensuite. Néanmoins le décalage entre le motif invoqué (la bonne chère) et l'activité effective (la guerre) est assez intéressant :

Le déjeuner de ces Messieurs est prêt, dit l'hôte.
-Eh bien ! Apportez-le.", dit Athos.
L'hôte obéit. Athos appela Grimaud, lui montra le grand panier qui gisait dans un coin et fit le geste d'envelopper dans les serviettes les viandes apportées.
Grimaud comprit à l'instant même qu'il s'agisssait d'uin dîner sur l'herbe, prit le panier, empaqueta les viandes, y joignit les bouteilles et pris le panier à son bras.

Alexandre Dumas, Les trois mousquettaires, "Le bastion Saint-Gervais"

Les quatre personnages viennent de faire un pari avec des gens à l'auberge du Parpaillot : ils devront rester au bastion pour un laps de temps déterminé sans céder à la peur en voyant l'ennemi qui les attaque...

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Les différents avatars du petit déjeuner

Publié le par Messergaster

Le petit déjeuner n'a pas toujours été le même au cours de l'histoire.

Les différents avatars du petit déjeuner

Chez les Grecs, par exemple, il s'agissait de pain trempé dans du vin. Au lieu du café que nous buvons de nos jours pour nous donner un petit "coup de fouet", on se tournait vers la liqueur de Dionysos. Important : ce pain n'était pas trempé dans du vin coupé (les Grecs avaient l'habitude de diluer leur vin avec de l'eau, du miel ou des épices pour toutes les autres occasions...) mais dans du vin pur. D'ailleurs le verbe "acratidzomai" signifie à la fois boire du vin pur et prendre son petit-déjeuner.

Progressivement, avec la découverte de l'Amérique, on a commencé à boire plutôt du café ou du chocolat, surtout au XVIIIe siècle où commence une véritable manie pour ces boissons (effet, on venait de comprendre qu'en rajoutant du sucre, c'était meilleur). On en trouve une illustration, par exemple, dans Il giorno (Le jour) du poète italien Giuseppe Parini. Il s'agit d'un poème menant une satire de la noblesse italienne à la fin du XVIIIe siècle et nous pouvons lire quelques vers où un serviteur propose au "giovin signore", ("le jeune seigneur") du café ou du thé pour son petit déjeuner : 

Ma già il ben pettinato entrar di novo
tuo damigello i’ veggo; egli a te chiede
quale oggi più de le bevande usate
sorbir ti piaccia in preziosa tazza:
indiche merci son tazze e bevande;
scegli qual più desii. S’oggi ti giova
porger dolci allo stomaco fomenti,
sì che con legge il natural calore
v’arda temprato, e al digerir ti vaglia,
scegli ’l brun cioccolatte, onde tributo
ti dà il guatimalese e il caribbèo
c’ha di barbare penne avvolto il crine:
ma se nojosa ipocondrìa t’opprime,
o troppo intorno a le vezzose membra
adipe cresce, de’ tuoi labbri onora
la nettarea bevanda ove abbronzato
fuma, ed arde il legume a te d’Aleppo
giunto, e da Moca che di mille navi
popolata mai sempre insuperbisce.

Certo fu d’uopo, che dal prisco seggio
uscisse un regno, e con ardite vele
fra straniere procelle e novi mostri
e teme e rischi ed inumane fami
superasse i confin, per lunga etade
inviolati ancora: e ben fu dritto
se Cortes, e Pizzarro umano sangue
non istimâr quel ch’oltre l’Oceàno
scorrea le umane membra, onde tonando
e fulminando, alfin spietatamente
balzaron giù da’ loro aviti troni
re messicani e generosi Incassi,
poiché nuove così venner delizie,
o gemma degli eroi, al tuo palato.

Giuseppe Parini, Il giorno, "Il mattino", vv. 92 - 124.

Ce qui, traduit en français, donne à peu près :

Mais déjà je vois entrer ton serviteur bien coiffé. Celui-ci te demande laquelle des boissons que tu as l'habitude de prendre tu préfères boire aujourd'hui dans une précieuse tasse : les tasses et les boissons sont des marchandises provenant des Indes, choisis celle qui t'agréé le plus. Si aujourd'hui tu estimes qu'il serait souhaitable de procurer à ton estomac et à ses brûlures de la douceur pour qu'elle tempère la chaleur naturelle et pour qu'elle favorise la digestion, choisis le noir chocolat qui provient du tribut que te donnent l'habitant du Guatemala et de l'habitant des Caraïbes aux cheveux ceints de plumes barbares : mais si une fâcheuse hypocondrie t'accable, ou si trop de graisse se développe autour de tes membres gracieux, honore de tes lèvres le nectar où bronze et fume la graine arrivée jusqu'à toi d'Alep et de Moka, ville qui tire sa fierté des mille navires dont elle est peuplée.

Assurément, il fallait qu'à partir de ce vieux siège sorte un règne et qu'il dépasse les frontières qui n'avaient jamais été violées auparavant avec des voiles hardies en s'exposant aux tempêtes et à de nouveaux prodiges et à de nombreux dangers, risques et faims inhumaines ; et il fut tout à fait légitime que Cortès et Pizzarro n'accordent aucune estime au sang humain qui coulait de l'autre côté de l'Océan dans des membres humains, et qu'ainsi, en tonnant et en lançant des éclairs, on fasse enfin descendre sans pitié les rois mexicains et incas de leur trône, puisque c'est ainsi qu'arrivèrent ces délices jusqu'à ton palais, ô toi fleuron de tous les héros.

Comme on peut voir, le poète utilise l'arme de l'ironie pour condamner tous les massacres qui ont été effectués pour ramener ces denrées de luxe en Europe.
Soulignons, aussi, qu'au XVIIIe on boit aussi très volontiers du thé, provenant cette fois d'Asie.

De nos jours, le petit déjeuner se compose soit de tartines soit de céréales agrémentées de lait ou de yaourt. Les "corn flakes" sont une invention récente : ils auraient été inventées à la fin du XIXe siècle par des gens de l'Eglise adventiste. Ils deviennent populaires en Europe au cours de la deuxième moitié du XXe siècle lors du débarquement des Américains. Plus largement, le développement de la socitété de consommation a joué un rôle non négligeable aussi. Ils se déclinent à présent en corn flakes classiques, en céréales chocolatées ou encore en céréales dites "light". Néanmoins, ces versions light restent bourrées de sucres : jettez un coup d'oeil à l'emballage si vous ne me croyez pas.

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Osez mettre main à la pâte !

Publié le par Messergaster

Pourquoi faire sa pâte à tarte soi-même ? Voici 7 excellents motifs :

Osez mettre main à la pâte !

- Le prix : acheter un peu de beurre, un oeuf, du sucre et de la farine vous reviendra moins cher qu'acheter la pâte toute faite.

- La qualité : quitte à acheter de la pâte industrielle, évitez alors les marques 1er prix qui remplissent leur pâte sablée ou leur pâtes brisées de graisse de palme. Mieux encore : en préparant votre pâte vous même, vous saurez ce que vous mettez dedans et vous pourrez donc choisir les ingrédients de la meilleure qualité.

- La créativité : quand on prépare une pâte sablée, on peut la parfumer avec toutes sortes de parfums : vanille, cannelle, amande, eau de rose, fleur d'oranger... Et pendant quelques heures, vos mains sentiront tellement bon ! J'en connais même qui rajoutent des corn flakes pilés en vue d'obtenir quelque chose plus de croustillant.

- Le temps : ok, la pâte industrielle se déplie en un instant, toute prête à l'emploi. Toutefois malaxer les ingrédients d'une pâte sablée, par exemple, prend moins de dix minutes (bien entendu, vous aurez quand même eu le réflexe de sortir votre beurre une heure avant pour qu'il soit en pommade).

- Le pouvoir destressant et le retour vers l'enfance : avouons-le : combien de fois avons-nous regardé d'un petit air nostalgique  des enfants jouant avec leur pâte à modeler fluo ? Qui de nous ne rêve de façonner une matière maléable comme lorsqu'il était jeune ? De plus, cela constitue un excellent anti-stress...

- L'épaisseur : s'il y a une chose que je déteste des pâtes industrielles c'est leur caractère trop fin. La pâte à tarte n'est pas qu'un simple support pour les fruits : c'est un biscuit qu'on se doit de déguster aussi !

- L'ego : ah la satisfaction de préparer une tarte et d'entendre les commensaux vous complimenter pour votre pâte ! Vous n'avez pas cédé à la facilité, votre création a été appréciée, vos invités se régalent : une belle satisfation personnelle.

Un bémol, toutefois, dans cette apologie de la pâte faite maison : le cas de la pâte feuilletée. Soyons sincères, cette fois-ci, pour la préparer chez soi, il faut s'armer de patience puisqu'il faut plier, attendre, replier, et re-attendre... De plus, l'idéal serait d'avoir un plan de marbre chez soi, chose qui n'est pas donnée à tout le monde (heureusement que depuis le XXe siècle, la généralisation du frigo a résolu ce problème). Toute la préparation qu'il y a derrière me dissuade donc de confectionner mes croissants maison : il est plus simple d'aller à la boulangerie d'en face. Toutefois, depuis que je me suis lancée dans la pâte feuilletée, [cliquez ici pour voir] je me suis rendue compte que, quoiqu'elle soit longue et délicate à faire, on peut préparer cette base chez soi aussi : une saveur incomparable, une fierté profonde et la satisfaction de se dire que l'on a fait un autre pas vers l'émancipation à l'égard des multi-nationales. Et si on n'a pas le temps de la confectionner chez soi, on peut toujours la commander chez le boulanger : sans doute plus chère que celle des grandes surfaces... mais ô combien plus moelleuse et parfumée ! 

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Chacun son étagère dans le frigo

Publié le par Messergaster

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...Moment autobiographique : je viens de visiter mon 15e appartement. En effet, je recherche activement une colocation pour l'année prochaine... Hélas, la tâche est plus ardue que je ne le croyais : soit on ne veut pas de moi, soit c'est moi qui trouve quelque chose à redire. Voilà ce qu'il arrive quand on est quelqu'un de difficile. Néanmoins, je commence à mettre la barre un peu plus bas à présent, notamment pour ce qui concerne le rapport à la bouffe. Si vous vivez en colocation, vous savez qu'il existe deux écoles de pensée à ce sujet :

  • ceux qui attribuent à chacun une étagère dans le frigo : chacun fait ses courses pour soi (avec des variantes : la plupart mettent en commun pâtes, beurre, huile, café... d'autres séparent même ces denrées de base, notamment quand les différents colocataires n'ont pas les mêmes revenus)
  • ceux qui font leurs courses tous ensemble chaque semaine en s'armant de gros sacs (là aussi, des divergences : je suis tombée sur des filles qui, tout en mettant en commun, comptaient combien de repas un des habitants consommait sur place, combien d'oeufs il mangeait, combien de lait il buvait etc etc... Puis, à la fin du mois, elles faisaient leurs comptes pour rembouser les personnes qui avaient mangé rarement à l'appart : j'ai trouvé tout cela hallucinant !)

Cela fait des années que je vis dans des appartements en colocation. Cela signifie que J'ai expérimenté les deux systèmes - mais je penche nettement pour le premier. Quand on faisait nos courses ensemble, cela a duré 6 mois, on mangeait toujours la même chose : escalope de dinde et riz, pâtes carbonara, poisson pané... et hop, ça recommençait. Je n'en pouvais plus. Quand on partage les aliments et qu'on mange ensemble le soir, ça pose mille problèmes car déjà il faut attendre que tous aient faim pour manger, et qu'ensuite il faut essayer de préparer des plats qui plaisent à tout le monde - ce qui fait sombrer toute la communauté dans la monotonie. Le jour où on a abandonné ce système et qu'on a décidé qu'il valait mieux faire chacun pour soi, ça a été beaucoup mieux. Déjà je pouvais manger à l'heure que je voulais (c'est-à-dire tôt) et surtout je pouvais enfin me préparer ce que je souhaitais ! Après une dure journée passée à étudier, rentrer chez soi et faire preuve de créativité derrière les fourneaux, c'est vraiment défoulant. En plus, il s'agit d'un système qui donne des idées aux autres : l'autre jour, une de mes colocs se préparait un tajine et ça m'a incitée à faire pareil quelques jours après.

Après, cela n'empêche pas de manger tous en même temps et de papoter. Et de même, si quelqu'un a terminé ses oeufs, dans n'importe quelle coloc' où règne l'harmonie on lui en donnera!

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(Le frigo de la coloc' où vit le personnage principal du film L'auberge Espagnole de Cédric Klapish)

La coloc' c'est vraiment délicat niveau alimentation. Moi, par exemple, j'adore le camembert, ce qui signifie que j'inflige aux adorables personnes qui vivent avec moi des odeurs "caractéristiques" dans le frigo. Mais la colocation c'est aussi une expérience sociologique qui permet d'apprendre beaucoup. J'ai ainsi découvert que la plupart des étudiants mangeaient du pain de mie car ils avaient la flemme d'aller acheter tous les jours leur baguette chez le boulanger. Question horaires aussi, ça fluctue pas mal entre ceux qui mangent très tôt et à des heures très précises comme moi et ceux qui peuvent mettre à cuire du riz à 3h du matin. Il y a aussi ceux qui ne peuvent prendre leur petit déj' sans la radio.

Bref, tout cela pour dire que j'admire les colocs' où ils réussissent à se la jouer un peu "petite famille" en se retrouvant tous ensemble autour d'un bon petit plat le soir. Moi, je n'y arrive pas. Manger est aussi un acte de liberté puisqu'il implique la notion de choix : je me distingue de tel individu aussi par ce que je mets dans mon assiette. J'aprécie donc moyennement que la "communauté" m'impose le menu du jour...

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Lait traditionnel vs lait végétal

Publié le par Messergaster

Il y a un mois, je flânais dans un magasin bio et je me suis mise à feuilleter les bouquins proposés. Je suis tombée sur l'un de ces traités menant toute une croisade contre le lait de vache. Bon, je n'ai pas les compétences pour affirmer si le lait de vache est bon ou s'il est nocif, mais tout cela m'agace profondément. Une précision avant tout : je suis intimement convaincue, moi aussi, qu'il y ait une part de "lobby laitier" derrière les publicités ministérielles nous invitant à consommer 3 produits laitiers par jour : tout le monde sait très bien que l'Union Européenne a besoin d'écouler ses stocks, et cela passe aussi par ce genre de campagnes. Sur ce point je rejoins tout à fait ceux qui considèrent que l'on devrait boire ou manger moins de produits contenant du lait de vache. Mais de là à dire que c'est mauvais pour la santé, je trouve que c'est un peu excessif : nos aïeux ont vécu des années en buvant de ce lait... je pense donc qu'on peut tranquillement se permettre de boire une tasse de lait de vache si l'envie nous prend.

Après, comme dans toute chose, modération. Sans doute que boire un gros bol de lait chocolaté, manger deux yaourts, dévorer une moitié de camembert - le tout dans un même repas - peut causer des problèmes à l'organisme.

Voici ma tasse remplie de lait frais (de vache).

Voici ma tasse remplie de lait frais (de vache).

Ce qui m'énerve quand on nous incite à consommer moins de lait de vache, c'est qu'au lieu de promouvoir alors d'autres types de lait comme le lait de chèvre, on nous exhorte à boire du "lait végétal". Certes, le lait de vache est prévu pour un veau, celui de chèvre pour un chevreau et non pas pour l'homme... mais je ne suis pas sûre que ces "laits végétaux" soient la réponse à tous nos problèmes diététiques. Déjà le nom est trompeur : il ne s'agit pas à proprement parler de "lait", mais souvent de composés végétaux qu'on a fait macérer dans l'eau, qu'on a filtré ensuite et auxquels on ajoute (parfois, ce n'est pas systématique non plus) des "huiles végétales" (ce terme vague n'est jamais un bon signe sur une étiquette..). Ensuite, soyons francs: ce n'est pas toujours agréable au goût, juste de l'eau blanche. Ajoutons que l'argument "le lait végétal contient moins de choléstérol" est de très mauvaise foi : la quantité de choléstérol présente dans un bol de lait est modique, on en trouve bien plus dans la tranche de viande que l'on mangera à midi quelques heures plus tard. Enfin, et voici ce qui m'agace le plus, le prix. Pourquoi ne pas changer mon alimentation ? Pourquoi pas me mettre aux boissons végétales ? La réponse, c'est : car ceci n'est pas à la portée du porte-feuille de tout le monde.

Une de mes amies vient de se converti au lait de soja. Curieuse de savoir quel goût ça pouvait bien avoir, je voulais en acheter un brick. Deux euros le brick ? Hors de question ! Je regarde les autres laits : amande, avoine, noisette, riz... le moins cher devait coûter 1€70. Je trouve cela assez scandaleux : on le sait, le bio est plus cher mais il est devenu beaucoup plus abordable ces dernières années. J'ai donc boycotté la boutique bio et je suis allée acheter un brick de lait de soja bio chez Leader Price pour un peu plus d'1€ (ce qui restait raisonnable, étant donné que le lait frais demi-écrémé tourne autour de 1€10- 1€20).

En fait, je suis profondément persuadée qu'au lieu de pointer du doigt le lait de vache en général, on devrait plutôt faire des études sur le lait dit "à longue conservation". Une invention géniale : je suis la première à en acheter régulièrement. Toutefois, récemment, j'ai commencé à revenir au lait frais. Finalement le lait uht est bouilli à très haute température pour être stérilisé, ce qui, inévitablement, entraîne une perte d'éléments nutritifs. Je me demande si ce ne serait pas plutôt cela qui favoriserait, par exemple, l'ostéoporose chez les femmes. C'est connu : les aliments trop raffinés ne sont jamais ce qu'il y a de meilleur pour la santé (je songe aux pâtes et aux pains "blancs" qui se digèrent moins bien que ceux complets, par exemple...). A nouveau, n'ayant pas les compétences pour, je ne vais pas m'avancer plus que ça. Il s'agit juste d'une hypothèse, je n'affirme rien du tout. Il reste toutefois que je ne comprends pas pourquoi le lait frais coûte plus cher que le lait uht. Pourtant, il subit moins de traitements, il devrait donc être à meilleur marché, non ? Je suppose que ça doit être car on en vend moins : la demande étant plus haute pour le lait uht, cela fait baisser son prix...

Pour revenir sur le lait végétal, je racontais donc à mon amie qui boit désormais du lait de soja que je trouvais cela très cher. Elle m'a répondu: "Oui, mais comme c'est pas bon, t'en bois moins !".

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Ces films qui nous font saliver...

Publié le par Messergaster

L'autre jour, j'étais en bibliothèque pour rechercher un livre d'écriture créative. Malheureusement, le livre que je recherchais étais déjà réservé, mais j'ai déniché ce petit bouquin intéressant et qui mérite d'être feuilleté :

Le plaisir gastronomique au cinéma de Vincent Chenille (2004, Jean-Paul Rocher éditeur):

Ces films qui nous font saliver...

L'auteur part d'un constat simple : il y a foison de films parlant de "bouffe". On peut citer L'aile ou la cuisse de Zidi ou Le chocolat de Hallstrom ou encore Ratatouille des studios Pixar (réalisé par Brad Bird). Mais ça ne s'arrête pas là. Pourquoi ne pas citer aussi la potion magique qu'avale Obélix, par exemple?

Vincent Chenille nous propose donc un petit tour gastronomique à travers différentes pellicules de cinéma en tentant de déceler constantes et divergences dans le traitement de la nourriture.

Il étudie d'abord les personnages qui mangent et ceux qui préparent : à côté du fin gastronome, on trouve des cuisiniers qui nous font entrer derrière "les coulisses" du restaurant, par exemple. Mais le problème c'est qu'il s'agit là de spécialistes et que donc le spectateur, profane, peut se sentir gêné par la distance qui existe entre des professionistes culinaires et lui-même. D'où l'importance de ces figures de médiateurs grâce auxquels il peut se reconnaître et entrer en empathie : on trouvera donc souvent un personnage de néophyte découvrant les secrets de la gastronomie en même temps que le spectateur. Cela se vérifie notamment lors du choix du menu : le choix du personnage doit refléter celui que ferait le spectateur.

Chenille analyse aussi toute la dimension visuelle liée à la nourriture. Il insiste par exemple sur toutes les scènes exploitant l'opposition entre montré et caché. Il évoque par exemple les couvercles utilisés pour garder les plats au chaud ou les papiers recouvrant les chocolats. Comme dans toute entreprise de séduction, le but est de cacher pour mieux montrer et attiser l'appétit. On le sait, la nourriture renvoie souvent au domaine de la tentation, de l'interdit et du désir.

Les films adorent aussi filmer les mains des cuisiniers : leur agilité, leur légéreté, leur rapidité sont tout simplement fascinantes. Tel un prestidigitateur, le chef laisse le spectateur ébahi. Je ne sais plus si c'est à ce film-ci que Chenille fait référence, mais je me faisais justement la réflexion récemment en revisionnant L'aile ou la cuisse, lorsque De Funès va dans le restaurant japonais au début du film : les mains du cuisinier coupent, hachent et assaisonnent avec une adresse vraiment admirable.

Bref, je vous renvoie à la lecture du livre dont je donne ici juste quelques éléments. Il se lit très bien et si vous rêvez, commme moi, de devenir écrivain un jour, vous y apprendrez quelques petits trucs intéressants.

Publié dans Lectures gourmandes

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Le "tiramisu", un gâteau aphrodisiaque ?

Publié le par Messergaster

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Etant donné mes origines italiennes, il faut absolument que j'écrive quelques lignes sur le tiramisu. Différentes légendes sont invoquées pour expliquer son invention:

  • Une des versions situe sa création au XVIIe siècle. On aurait confectionné ce dessert un jour que Côme de Médicis, le grand-duc de Toscane, un homme particulièrement gourmand, se rendait à Sienne. Cette version a le mérite de donner une explication au nom "tiramisu" qui signifie littéralement "tire-moi vers le haut" ou "remonte-moi". J'ai longtemps cru (vive l'innocence) qu'il fallait prendre cela comme une expression figée, puisqu'en italien, "tirami su" peut signifier "remonte-moi le moral". Cela me semblait tout à fait logique :  comment ne pas oublier ses soucis en dégustant ce gâteau délicieux ? Mais en fait j'étais bien naïve : il fallait prendre l'expression au sens propre. En effet, les nobles italiens avaient commencé à attribuer à ce dessert des vertus aphrodisiaques : c'est pourquoi ce qu'on avait initalement appelé "la soupe du duc" devint le "tiramisu".
  • Une autre version considère que le tiramisu n'aurait pas été crée à Sienne mais à Trévise, notamment par un pâtissier du restaurant El Toulà. Détail important : le restaurant en question était situé près d'une maison close. A nouveau, les clients prêtaient à ce dessert des vertus aphrodisiaques.
  • Une version plus soft renvoie aux temps de l'unité italienne. Cette fois-ci il faut comprendre le nom "tiramisu" comme la petite fille innocente que j'étais. En effet, un pâtissier turinois l'aurait préparé pour "remonter le moral" du comte de Cavour, particulièrement éprouvé après toutes les actions menées pour unifier l'Italie.

Après cet article, je pourrais, certes, poster ma recette personnelle. Mais j'avoue que mon tiramisu est quelque chose d'assez mythique (les gens qui me connaissent savent ce que je veux dire) et je ne donne qu'aux intimes ma recette... Sachez juste que pour la recette dite "classique" de ce dessert, il ne faut pas de liqueur, quoiqu'en disent vos livres de recettes (que ce soit du marsala, du rhum ou tout ce qu'on veut, ils n'ont rien à faire ici). La recette de base ne comprend pas d'alcool, uniquement du café. Je pense que les gens doivent confondre tiramisu et zabaione (le "sabayon")... mais les deux sont bien deux entremets différents !

Après, nous sommes d'accord, les variantes sont infinies: libre à chacun de modifier à sa guise ce dessert. Les tiramisus aux fruits rouges, notamment, sont devenus très à la mode.

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Autour du fromage blanc...

Publié le par Messergaster

J'ai vécu 18 ans de ma vie sans pouvoir manger cet aliment merveilleux qu'est le fromage blanc. En effet, j'ai passé toute mon enfance en Italie et, là-bas, les petits suisses nature, la faisselle ou le fromage blanc ne sont pas commercialisés ! (je me rabattais donc sur le yaourt grec, délicieux lui aussi). Je me rappelle encore des rares fois où j'allais en France et de comment je m'empiffrais de fromage blanc à ce moment-là...

A présent qu'en France j'y vis, je peux finalement manger mon fromage blanc quand je veux. D'ailleurs, autant j'adore le fromage blanc autant je n'aime pas la faisselle. En effet, si j'aime à ce point ce laitage, ce n'est pas uniquement pour son goût délicat mais aussi pour sa texture onctueuse - or les espèces de grumeaux de la faisselle me gâchent ce plaisir.
J'ai découvert une chose, récemment, au sujet des différents pourcentages de matière grasse. J'ai toujours cru que le fromage blanc 0% était encore une invention des multi-nationales destinés aux anorexiques et aux obsédés du régime. Quelle ne fut ma surprise en découvrant qu'en réalité la version 0% est la plus "authentique", puisque pour obtenir les versions à 20 ou à 40% on rajoute de la crème !

(Je reconnais que le "blanc sur blanc" n'a pas été un super choix pour mettre en valeur cette photo...)

(Je reconnais que le "blanc sur blanc" n'a pas été un super choix pour mettre en valeur cette photo...)

Le fromage blanc brille par sa versatilité :

  • Une fin en soi : on peut déguster un bol de fromage blanc tel quel,  avec éventuellement un peu de miel et quelques noix. Les plus gourmands, eux, le garnissent avec une ou deux cuillérées de cassonade et avec des fraises. Ainsi, le jour où j'ai goûté ce dessert, j'ai arrêté d'acheter les bombes de chantilly : l'onctuosité du fromage blanc sublime bien mieux les fruits que la crème fouettée, cette dernière étant trop légère et remplie d'air à mon goût (bien entendu, je ne parle pas de la chantilly maison mais de celle du commerce). Certains mangent leur fromage blanc avec de la confiture (mais bon je ne suis pas très fan), certains s'en servent pour les céréales du matin... Bref un aliment relativement léger, très savoureux, qui peut aider à clôre un repas en beauté.
  • Un moyen en vertu d'une autre fin : j'ai lu récemment que quelqu'un suggérait d'utiliser le fromage blanc (ou le yaourt) pour fixer la chapelure sur les viandes panées à la place de l'oeuf. Je n'ai pas encore essayé, mais je ne vois pas pourquoi ça ne devrait pas marcher. J'en connais aussi qui remplacent toujours une partie du beurre indiqué dans les recettes de gâteaux par du fromage blanc. 
  • Le gâteau ou la tarte au fromage blanc : cela mérite bien un point à part. Les six premiers mois de l'année 2011 auront été pour moi "les mois du gâteau au fromage blanc". Entre le gâteau et la tarte je dois dire que je préfère le gâteau, et ce pour deux raisons. D'une part la version "gâteau" est plus light étant donné l'absence de pâte sablée et d'autre part j'ai râté ma tarte au fromage blanc, le jour où j'ai voulu reproduire celle que j'avais mangée en Lorraine chez les parents d'une amie. Je raffole de cette tarte et je rêvais de pouvoir la répliquer chez moi.. mais le jour où j'ai voulu m'y mettre, la garniture n'a jamais voulu cuire. Encore à présent je ne comprends pas ce qui a posé problème. Pourtant j'avais suivi la recette à la lettre et j'avais même THE ingrédient secret, c'est-à-dire la poudre pudding du Docteur Oetker... Mystère. Du coup, je continue à faire mes simples "gâteaux" au fromage blanc, avec un peu de jus de citron pour lui donner le petit goût acide auquel je ne sais résister. (vous trouverez la recette en question ici). 

Publié dans Focus alimentaires

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